Vous avez déjà eu cette sensation bizarre, comme si une émotion restait coincée dans le corps même après en avoir longuement parlé ? Beaucoup de gens cherchent des outils concrets pour ça. L’EFT, ou Emotional Freedom Techniques, propose une approche un peu particulière : on tapote doucement sur certains points du visage, du torse et des mains tout en se concentrant sur ce qui dérange. Ça s’appelle aussi le tapping. Et franchement, ça attire de plus en plus de monde, y compris des praticiens d’hypnose qui voient là un complément intéressant.

L’origine de tout ça remonte aux années 80-90. Roger Callahan, qui était hypnothérapeute et spécialiste des phobies, avait développé une méthode plus complexe appelée TFT. Gary Craig, un ingénieur, l’a simplifiée pour la rendre accessible à tout le monde et a créé l’EFT en 1993. Du coup, il y a un vrai lien historique avec l’hypnose, même si les deux outils n’ont pas exactement le même fonctionnement.

Comment ça marche concrètement, cette histoire de tapotement ?

Le principe de base reste assez simple en apparence. On identifie d’abord l’émotion ou le souvenir qui pose problème, on évalue son intensité de 0 à 10, puis on formule une phrase d’acceptation du genre « Même si je ressens cette anxiété dans ma poitrine, je m’accepte profondément et complètement ». Ensuite on tapote une séquence de points – sourcil, coin de l’œil, sous l’œil, sous le nez, menton, clavicule, sous le bras, sommet de la tête – tout en répétant une version courte du problème. On refait le tour, on réévalue, et on ajuste.

Ce qui change avec les versions plus cliniques, c’est qu’on ajoute du travail sur les « inversions psychologiques », ces résistances inconscientes qui font qu’on sabote parfois nos propres efforts. On apprend aussi à contenir l’intensité quand ça monte trop fort, et à intégrer des phrases positives une fois que l’émotion a baissé. En séance, ça peut prendre 20 à 40 minutes selon la profondeur du sujet.

Les bienfaits qu’on observe vraiment

Beaucoup de personnes rapportent un apaisement assez rapide sur le stress quotidien, l’anxiété ou des souvenirs chargés émotionnellement. Des études, dont une publiée en 2019 par Bach et ses collègues, ont mesuré des baisses notables : autour de 40 % sur les scores d’anxiété, 35 % sur la dépression, et des réductions de cortisol, cette hormone du stress. D’autres travaux sur le stress post-traumatique montrent des améliorations maintenues dans le temps pour certains participants.

Cela dit, soyons honnêtes : la communauté scientifique reste partagée. Certaines méta-analyses soulignent que les effets peuvent venir en partie de l’exposition verbale ou de l’attention portée à l’émotion, pas seulement du tapotement lui-même. C’est pour ça que je le vois surtout comme un outil complémentaire, pas comme une solution miracle. Dans une pratique d’hypnose, ça peut aider à faire baisser l’activation du système nerveux avant une séance plus profonde, ou à donner au client un exercice concret à faire chez lui entre les rendez-vous.

Les formats de formation EFT qui existent aujourd’hui

Si vous voulez vous former sérieusement, vous avez plusieurs options. Certaines formations sont 100 % en ligne, avec des vidéos, des textes, des quiz et des téléclasses. D’autres mélangent théorie en ligne et journées de pratique intensive en présentiel ou en visio. Il y a aussi des formats assez courts et condensés sur 5-6 jours en présentiel dans plusieurs villes.

Une formation EFT bien faite commence généralement par les bases : origines, points à stimuler, correspondances avec les émotions, et comment travailler d’abord sur soi. Ensuite on passe aux protocoles complets, aux techniques pour contenir l’intensité émotionnelle, et enfin aux applications plus cliniques comme le travail sur les traumas simples ou le stress post-traumatique. Les modules les plus poussés, comme ceux proposés par Jean-Michel Gurret à l’IFPEC, ajoutent de l’anamnèse, des notions sur la croissance post-traumatique et la prévention de la fatigue de compassion chez le praticien.

Le point commun des bonnes formations, c’est la supervision. On ne devient pas compétent juste en regardant des vidéos. Il faut pratiquer sur des vrais cas, se faire corriger, et souvent analyser une vingtaine de séances avec un formateur expérimenté.

Devenir praticien EFT : ce que ça implique vraiment

Après une formation EFT sérieuse, la plupart des gens passent par une phase de pratique supervisée avant d’obtenir une certification. Certaines écoles délivrent un titre de « Praticien EFT Clinique » une fois que vous avez validé les heures, les journées de mise en pratique et un examen final. D’autres se rattachent plus directement à la lignée de Gary Craig avec des certifications EFTCert I et II.

Attention, ce n’est pas une profession réglementée par l’État en France. Du coup la qualité varie énormément d’une formation à l’autre. Les critères qui comptent vraiment : le formateur a-t-il une solide expérience clinique ? Y a-t-il de la supervision individuelle et pas seulement collective ? La formation insiste-t-elle sur l’éthique et les limites de l’outil ? Et surtout, est-ce qu’elle vous apprend à travailler en sécurité avec des personnes qui vont mal, pas seulement à faire du bien-être léger ?

L’EFT aux côtés de l’hypnose : pourquoi ça fait sens pour pas mal de praticiens

Dans ma pratique d’hypnothérapeute, j’ai souvent constaté que certains clients ont du mal à « lâcher » même quand la transe est profonde. L’EFT apporte une dimension corporelle très directe. On touche littéralement les points où la tension s’exprime. Ça peut servir de préparation avant une séance d’hypnose, pour faire redescendre l’intensité, ou après, pour ancrer les prises de conscience dans le corps.

Beaucoup de collègues qui pratiquent l’hypnose ont suivi une formation EFT et l’utilisent maintenant comme outil autonome ou intégré. L’un des témoignages que je vois souvent, c’est que ça donne au client un moyen concret de réguler ses émotions entre les séances, sans avoir besoin d’attendre le prochain rendez-vous. Et comme l’EFT a des racines qui passent par l’hypnothérapie via Callahan, le passage d’un outil à l’autre se fait assez naturellement pour beaucoup de gens.

Comment choisir sa formation EFT sans se tromper

Posez-vous d’abord la question de votre objectif. Vous voulez juste comprendre le mécanisme pour l’utiliser sur vous ou avec vos proches ? Une initiation en ligne peut suffire. Vous voulez l’intégrer dans une pratique professionnelle, que ce soit en hypnose, en thérapie ou en accompagnement ? Là il faut viser une formation certifiante avec supervision réelle et une partie clinique.

Regardez aussi le format qui vous convient : l’en ligne offre de la souplesse, mais la pratique en présentiel reste irremplaçable pour sentir les nuances et recevoir du feedback direct. Vérifiez le nombre d’heures, la présence ou non de journées de mise en situation, et ce que disent les anciens élèves qui exercent déjà. Et n’hésitez pas à contacter le formateur pour poser des questions précises sur sa façon d’accompagner les cas complexes.

Au bout du compte, une bonne formation EFT ne vous transforme pas en super-thérapeute du jour au lendemain. Elle vous donne des outils supplémentaires, une autre façon d’écouter le corps et les émotions, et souvent une meilleure compréhension de ce qui se passe quand on travaille avec l’inconscient. Si vous pratiquez déjà l’hypnose ou que vous envisagez de vous y former, ajouter l’EFT à votre palette peut simplement élargir ce que vous proposez à vos clients. Et ça, c’est toujours intéressant à explorer.