L’EMDR, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires, est une approche thérapeutique qui aide beaucoup de gens à digérer des souvenirs traumatiques. Elle utilise des stimulations bilatérales – souvent des mouvements des yeux – pour permettre au cerveau de retraiter ce qui est resté coincé. Du coup, quand on cherche des solutions pour des traumatismes ou du stress post-traumatique, la question des emdr risques revient souvent. Est-ce que c’est sûr ? Est-ce que ça peut empirer les choses ?
En tant que praticienne en hypnose, je croise régulièrement ces interrogations. Les deux méthodes visent à soulager la souffrance émotionnelle, mais elles ne fonctionnent pas exactement de la même façon. Alors, essayons de voir clair, sans dramatiser ni minimiser.
Les effets secondaires les plus courants de l’EMDR
La plupart des gens qui font de l’EMDR décrivent une fatigue assez marquée après les séances. Parfois des émotions qui remontent fort pendant quelques heures ou quelques jours. Des rêves plus vifs, voire des cauchemars temporaires. Des maux de tête légers aussi, ou cette sensation bizarre de « déphasage », comme si on flottait un peu.
Le truc, c’est que ces réactions font souvent partie du processus. Le cerveau continue de travailler entre les rendez-vous, un peu comme quand on rumine une grosse conversation la nuit. Ce n’est pas agréable sur le moment, mais ça diminue généralement au fil des séances quand le retraitement avance bien.
Certaines personnes se sentent plus vulnérables juste après, un peu à nu. C’est normal : on a remué des souvenirs qui avaient été mis de côté. Un bon praticien le sait et prévoit du temps pour stabiliser avant de finir la séance.
EMDR risques plus sérieux : les situations où il faut vraiment faire attention
L’EMDR n’est pas adaptée à tout le monde ni à toutes les situations. Le plus gros point de vigilance concerne les traumas qui sont encore en cours. Si vous vivez encore dans un environnement dangereux – violence conjugale, harcèlement au travail qui n’a pas cessé, menace réelle – travailler sur les souvenirs du passé peut être contre-productif, voire aggraver la détresse. La thérapie cible des événements terminés. Quand le danger est présent, il faut d’abord sécuriser le présent.
Pour les traumas complexes, surtout ceux de l’enfance qui ont touché le développement de la personnalité et les modes d’attachement, plusieurs experts recommandent la prudence. Le psychiatre Alain Brunet, par exemple, a exprimé des réserves : ces traumatismes anciens et répétés créent des répercussions larges, et l’EMDR seule risque de déclencher des dissociations fortes ou de ne pas suffire. Dans ces cas, une préparation longue et un suivi plus global sont souvent nécessaires.
Il existe aussi des contre-indications relatives plus claires : troubles psychotiques en phase active, bipolarité non stabilisée en phase maniaque, dissociation sévère non gérée, idées suicidaires actives. Dans ces situations, on stabilise d’abord avec un suivi psychiatrique avant d’envisager un travail de retraitement. La grossesse à risque ou certaines pathologies neurologiques (épilepsie non contrôlée par exemple) demandent aussi des adaptations ou une évaluation attentive.
Le vrai danger avec l’EMDR : les pratiques non encadrées
Honnêtement, c’est souvent là que les problèmes arrivent. L’association EMDR France alerte régulièrement sur les praticiens non accrédités, les formations express, les applications en ligne ou les « EMDR+ » de tout poil. Risque d’emprise mentale ou financière, traitements hâtifs qui mènent à des décompensations. Quand on saute l’évaluation, la phase de préparation et la supervision, on peut se retrouver avec des émotions qui débordent sans filet de sécurité.
C’est valable pour n’importe quelle thérapie d’ailleurs, y compris l’hypnose. Un praticien mal formé ou qui ne respecte pas les protocoles de sécurité, et on peut ressortir plus fragilisé qu’avant. La méthode elle-même n’est pas le problème principal ; c’est le cadre dans lequel elle est appliquée.
Ce que la recherche dit vraiment sur les dangers de l’EMDR
Les études contrôlées montrent que les effets indésirables graves restent rares quand l’EMDR est pratiquée correctement par des professionnels formés et supervisés. Les effets secondaires habituels sont temporaires et s’inscrivent dans le processus de guérison. L’EMDR est reconnue par l’OMS et d’autres instances pour le traitement du stress post-traumatique, avec un bon niveau de preuves pour les traumas simples et récents.
Sur le cerveau, le mécanisme ressemble un peu à ce qui se passe pendant le sommeil paradoxal. Les stimulations bilatérales aident à transférer les souvenirs très chargés émotionnellement (qui activent fortement l’amygdale) vers une mémoire plus sémantique, moins douloureuse. Le charge affective diminue, et la personne intègre mieux que « c’est du passé, je suis en sécurité maintenant ». Ça ne réécrit pas l’histoire, mais ça change la façon dont le souvenir est stocké et ressenti.
Hypnose et EMDR : des approches qui se complètent parfois
C’est là que mon regard de praticienne en hypnose entre en jeu. En hypnose, on met souvent beaucoup d’accent sur la construction de sécurité interne avant même d’approcher le contenu difficile. On installe des ressources, des ancrages, des états de calme profond. L’état hypnotique est relaxant par nature, ce qui peut rendre l’accès aux souvenirs moins brut pour certaines personnes qui craignent de revivre les émotions trop violemment.
On peut aussi intégrer des stimulations bilatérales dans un cadre hypnotique, en quelque sorte une version plus souple et ressourçante. Pour des profils très anxieux ou avec une dissociation légère, ça passe parfois mieux qu’un protocole EMDR très structuré dès le départ.
Ça ne veut pas dire que l’hypnose est supérieure ou sans aucun risque – tout travail sur le trauma demande du soin, de la compétence et du temps. Mais l’approche est souvent plus progressive et centrée sur le ressenti du moment, avec une grande flexibilité dans le pacing. Beaucoup de personnes qui ont fait de l’EMDR avant me disent que l’hypnose leur a permis d’aborder les mêmes thèmes avec moins de débordement et plus de sentiment de contrôle.
Les deux outils ont leur place. L’EMDR brille particulièrement sur les traumas précis et bien délimités. L’hypnose peut être précieuse pour les personnes qui ont besoin de plus de douceur, de travail sur l’identité ou sur des schémas plus larges. Parfois on les combine, ou on passe de l’une à l’autre selon l’étape.
Comment réduire au maximum les emdr risques (et ceux de toute thérapie trauma)
Choisissez un praticien formé, supervisé et, pour l’EMDR, idéalement accrédité par les instances reconnues (EMDR Europe / EMDR France). Vérifiez qu’il y a une vraie phase d’évaluation et de préparation – c’est non négociable.
Parlez franchement de ce que vous ressentez entre les séances. Un bon thérapeute ajuste en fonction. Évitez les solutions « faites chez vous » sans accompagnement : les vidéos YouTube ou les apps ne remplacent pas un cadre sécurisé.
Et surtout, posez-vous la question de ce qui vous convient vraiment. Si l’idée des mouvements oculaires ou de la structure très protocolée vous stresse déjà, l’hypnose peut être une porte d’entrée plus adaptée. L’inverse est vrai aussi : certaines personnes aiment la clarté et la progression mesurable de l’EMDR.
Au bout du compte, ni l’EMDR ni l’hypnose ne sont des baguettes magiques. Ce sont des outils puissants qui, entre de bonnes mains et avec les bonnes conditions, aident vraiment à alléger le poids du passé. La clé reste la même : un accompagnement compétent, respectueux du rythme de chacun, et une vraie évaluation avant de plonger. Si vous hésitez encore, en parler avec un professionnel de confiance reste le meilleur premier pas.